Réparation est un parcours d’éveil à la conscience citoyenne et la liberté d’expression, réalisé en partenariat avec le Département de l’Instruction Publique (DIP) du canton de Genève. Il offre une opportunité de réparation après la crise du Covid-19, en ouvrant un espace d’expression politique à ceux qui sont invisibilisés et exclus du débat public, à savoir les jeunes. Il amène les élèves de deux établissement d’enseignement du secondaire à trouver leur propre voix en vue d’une performance scénique réalisée sur la base d’un « Pacte pour le monde de demain » rédigé de manière collective.

Réparer l’humain et repenser le monde

Ce projet puise son inspiration dans la thématique de la « réparation », telle qu’elle a pu être pratiquée à travers des programmes de justice transitionnelle en Afrique du Sud suite à l’apartheid ou encore au Rwanda après le génocide des Tutsis. Ses outils (procès, publication de la vérité, excuses officielles, etc.) ont été développés à partir de l’hypothèse selon laquelle en promouvant la justice, la reconnaissance des victimes et la commémoration des violations passées, on multiplie les chances de revenir à un fonctionnement pacifié et démocratique. 

Nous voulons offrir une opportunité de réparation après la crise du Covid-19 en donnant la parole à celles et ceux qui sont invisibilisés et exclus des débats publics et dont le confinement a accru la marginalisation, à savoir les jeunes. Le COVID-19 a mis en évidence les inégalités qui traversent nos sociétés : le confinement n’a pas été vécu de la même manière par toute la population et a intensifié la vulnérabilité des plus défavorisés (migrants, chômeurs, précaires, personnes isolées, étudiants, etc.). Par ailleurs, le virus a été un signal d’alarme : il a révélé l’urgence de réparer notre planète et l’interdépendance entre les questions sociales et écologiques.

Alors que le monde post-covid nous fait entrer dans une ère durable de distanciation sociale afin de nous prémunir du risque sanitaire, comment réduire les barrières sociales et physiques que cette crise a engendré ? La parole est-elle à même de combler ces distances et de réduire les inégalités que la crise a révélé ? Peut-elle avoir un effet durable ? La parole libérée peut-elle permettre de faire naître le monde de demain ?

Un parcours pour réparer le monde

Le projet consiste en un parcours en trois étapes :

  • La rédaction par les jeunes d’un pacte pour le monde de demain ;
  • Une série d’ateliers étalés sur six mois, réalisés en collaboration avec les enseignant.e.s de deux classes et des professionnels du discours, du théâtre et de la performance, au cours desquels les jeunes seront initiés à l’écriture et l’éloquence en vue de la prise de parole publique ;
  • Un évènement public mettant en scène le pacte pour un public composé notamment de personnalités politiques.

Le processus sera documenté et rendu accessible à un plus large public par le biais d’une plateforme numérique et d’un documentaire vidéo. Les élèves pourront participer de différentes manières : en intervenant comme acteurs dans l’évènement final ou en s’impliquant dans la communication, la documentation et l’organisation de l’évènement.

Rédaction d’un « Pacte pour le monde de demain »

Le pacte est un texte collectif qui énonce des valeurs, des souhaits, une vision du bien-commun. Il implique un processus démocratique au cours duquel chaque participant part de sa propre expérience afin de formuler un besoin qui peut être partagé par les autres. Cette maïeutique permet de faire émerger de nouvelles priorités par le truchement de l’intelligence collective. Le « Pacte pour le monde de demain » fonctionnera comme un rituel public d’énonciation de promesses et fera office d’incubateur de nouvelles idées politiques.

Ateliers d’éloquence et mise en scène du Pacte

En s’inspirant de la « pédagogie des opprimés » de Paolo Freire et en utilisant à la fois les techniques de la formation théâtrale et de la prise de parole en public, les intervenants amèneront les jeunes à :

  • Reconnaître et analyser leurs émotions et leurs vécus afin de les transformer en idées réfléchies et articulées.
  • Développer leurs potentialités et mettre à profit leur propre parcours de vie.
  • Débloquer la prise de parole en public en cultivant un ethos discursif et en découvrant le pouvoir transformatif et performatif de la parole.
  • Communiquer leurs idées par le biais d’outils linguistiques et de la gestuelle. 
  • Préparer un discours construit : travailler la structure, le développement de chaque partie à travers des aller-retours entre l’écriture du texte et la performance orale.
  • Diffuser leur discours par l’image et la performance.
  • Se positionner par rapport à leur identité (de classe, de genre, culturelle).
  • Développer leur conscience civique par rapport aux enjeux du monde contemporain.

Évènement final : une arène politique, une assemblée générale

Les ateliers aboutiront à un évènement final construit sur la base des discours produits par les élèves. Le dispositif performatif fonctionnera comme une sorte de rituel politique au cours duquel le pacte sera soumis au débat public. Une première représentation aura lieu devant un public scolaire, a priori pendant les Journées Théâtre École « VIVA » à la Nouvelle Comédie fin avril, puis une seconde devant le grand public et des personnalités politiques, courant juin.

En ouvrant un contre-espace public, le projet vise à ouvrir une réflexion sur les paradigmes dominants de la vie politique et sur les possibilités de changement.

0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You May Also Like
Lire +

CONFÉRENCE BOXÉE

Yoann Kongolo, champion helvète de kick-boxing, et Akim Oualhaci, sociologue français spécialiste des sports de combat, se réunissent…
Lire +

ALLEGRA LAB

Allegra Lab (allegralaboratory.net) est un blog d’anthropologie, une expérimentation virtuelle et un collectif de chercheurs. Il est aujourd’hui…
Lire +

LA CANTINE SCIENTIFIQUE

La Cantine scientifique vise à sensibiliser les élèves, les étudiants et les citoyens de manière générale aux questions…